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Le cri a pour ambition principale de parler de la vie des jeunes homosexuels d'origine afro-antillaises (mais sans exclure les autres) et de lutter contre l'ignorance, les préjugés et l'homophobie.

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Les petits réactionnaires : dérive des musiques urbaines (1 ère partie)

 

Le hip-hop (et les mouvements qui lui sont associés, comme le dancehall) passent pour révolutionnaires et anticonformistes ; une réputation autrefois exacte , mais aujourd'hui largement usurpée.

Non content d'avoir , (à l'exception peut-être de certains artistes underground et de la scène de l'abstract hip-hop) renonçé à toute volonté de création ou d'innovation , ces mouvements sont passés, pour paraphraser Guy Hocquenghem, du col Mao au Rotary.

Depuis une dizaine d'années en effet , le discours hip-hop et dancehall a glissé, petit à petit et de façon quasi-imperceptible , de la contestation au conformisme, d'un discours social et engagé à un ahurissant éloge de l'argent et des valeurs matérielles , des idées de révolte à l'idéologie petit-bourgeoise la plus réactionnaire.

Les artistes d'hier se sont mués en petits entrepreneurs , dont les audaces fort peu audacieuses sont calibrées pour faire vendre et dont la fausse insolence n'égratigne jamais les mains susceptibles de les nourrir.

Les femmes à la maison

L'un des traits les plus frappants des artistes de cette mouvance est leur misogynie , misogynie d'ailleurs assumée sans le moindre scrupule.

Pas une seule chanson où les filles ne sont pas qualifiées de "pute" ou de "salope" , et les clips glorifiant le proxénétisme et montrant des femmes tenues en laisse sont innombrables.

Si toutes les femmes ont droit à ces tendres qualificatifs et à ces traitements délicats, ce sont cependant celles qui expriment leur volonté d'émancipation et/ou réussissent mieux qu'eux qui attisent le plus la haine de nos fins poètes de banlieue ; à leurs yeux en effet, une femme libérée est une atteinte insupportable à leur virillité, une menace à éliminer . Un état d'esprit qu'ils contribuent à propager et à maintenir dans les cités.

 

Et voilà comment des artistes qui se disent rebelles se révèlent être, en réalité, les tenants du patriarcat le plus archaïque. Et l'on s'étonne après cela qu'un Orelsan puisse déclarer, à propos de son ex-compagne : «J'te déteste, j'veux qu'tu crèves lentement/ j'veux qu'tu tombes enceinte et que tu perdes l'enfant» ou la menacer de "l'avorter à l'opinel" (dans le clip "Sale pute" )

Mais le plus beau, c'est que certaines rappeuses donnent elle aussi dans la réthorique machiste, comme par exemple Diam's :

"J'oublie pas celles qui nous déshonore,
Risée des gars gore
Des ragots et du sexe hardcore
Celles qui ont réussi à tromper leurs aînés
Ces traînées qui ont perdu leur virginité sans aimer
J'suis pas porte parole des femmes du mouv ' moi"

Dans l'esprit de Diam's en effet , une femme se doit d'être sous la surveillance de ses "aînés" , et une jeune fille qui a le culot d'avoir des rapports sexuels sans aimer son partenaire n'est bien entendu qu'une traînée. Sans doute voudrait-elle qu'on distribue des ceintures de chasteté à la supérette du coin.

Avec une telle vision des rapports homme-femme , on comprend mieux les raisons qui l'ont poussée à faire un duo avec cet autre grand progressiste qu'est Admiral T...

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